Les Eglises de Rome

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Piazza San Pietro

L'empereur Constantin et sa femme Hélène feront construire à partir de 319, à l'emplacement d'un oratoire élevé sur le tombeau l'apôtre Pierre, une basilique à cinq nefs dotée d'un portique à cinq arcades qui sera achevée vers 349. Le pape Nicolas V demandera à l'architecte toscan Bernardo Rossellino, élève et collaborateur d'Alberti, de dessiner les plans d'une nouvelle basilique, vers 1450. Le pape Jules II, qui fera raser l'ancien édifice, demandera à Donato Bramante d'élaborer à son tour un projet en forme de croix grecque. La première pierre sera posée le 18 avril 1506, à l'emplacement de l'ancien transept. Les quatre piliers et arc de soutien de la coupole seront achevés en 1514, à la mort de l'architecte. Raphaël, qui succédera à Bramante, optera pour la forme de la croix latine, un bras plus long que les trois autres. Antonio da Sangallo dirigera ensuite le chantier jusqu'à sa mort, en 1546. Michel-Ange, commissaire, élevé au rang de directeur et architecte à vie par Paul III, reprendra la flambeau à l'âge de soixante douze ans. Il optera pour le projet initial en dorme de croix grecque, et transformera légèrement la coupole qui s'élevait jusqu'au tambour à sa mort, en 1564. Pirro Ligorio et Jacopo Barozzi dit Vigola lui succéderont, puis, à partir de 1573, Giacomo della Porta.
Carlo Maderno remplacera, à son décès en 1602, Giacomo della Porta auprès de Fontana. Il remportera le concours lancé par le pape Paul V (1605-1621) pour la construction du prolongement de la basilique et s'inspirera du dessin de façade de Michel-Ange. Cette dernière, composée de quatre pilastres encadrant les huit colonnes centrales sera construite à partir de 1607 et achevée le jour du dimanche des Rameaux de l'année 1614. Elle est surmontée d'un attique et d'une balustrade ornée de statues et de deux horloges. La porte principale (1439-1445), en bronze, est l'oeuvre du Filarète, sculpteur florentin et premier théoricien en langue italienne (Traité d'architecture, 1461-1464). Le pape Urbain VIII fera décorer l'intérieur de l'édifice qui sera consacrée le 18 novembre 1626. Le Bernin, qui achèvera la basilique entre 1657 et 1666, lui conférera son aspect baroque caractérisé par le baldaquin de bronze à colonnes torses de l'autel papal.

Basilique de San Giovanni in Laterano

La basilique Saint Jean de Latran est la première basilique construite par l'empereur Constantin après l'Edit de Milan. Il la fit édifier en un lieu qui lui appartenait et où lui-même avait établi son palais, le quartier du Latran. Ce vocable de Latran dérive de Laterani, nom d'une illustre famille romaine qui avait là son domaine mais qui en fut dépouillée par Néron après que l'un de ses membres eut conspiré contre l'empereur.
Parce qu'elle fut la première église construite à Rome, parce qu'elle fut celle du pape, la basilique Saint Jean de Latran est la Mère et Tête de toutes les églises, de Rome et du monde; deux inscriptions latines de la façade, de chaque côté de l'entrée principale, rappellent au pèlerin ce privilège. Et parce qu'elle encore l'église de l'évêque de Rome, cette basilique est la cathédrale de la Ville.
La basilique primitive avait, comme l'actuelle, un plan basilical à cinq nefs, séparées par les colonnes de marbre vert et rouge, réutilisées lors des réaménagments du XVII° siècle. Longue de 90 mètres, large de 53, elle fut magnifiquement ornée par Constantin, au point qu'on l'appela la Basilique d'or. Le pape saint Sylvestre la consacra le 9 novembre 324, avant la basilique Saint Pierre, et la dédia au Saint Sauveur. De là vient que Saint Jean de Latran est encore nommée Basilique Saint Sauveur (fête de la dédicace le 9 novembre).

Basilique de Santa Maria in Trastevere

La basilique de Santa Maria in Trastevere date de l'époque pré-constantinienne et c'est probablement la première église de Rome officiellement ouverte au culte chrétien. Sa fondation remonte à 217-222 après J.C., son aspect actuel -le portique et le plafond en bois du XVIIème siècle, les importantes mosaïques du choeur et de l'abside qui illustrent les histoires de la Vierge (1291), l'autel avec sa précieuse table de la Madonna della Clemenza du VIème siècle et le campanile du XIIème siècle- est le résultat de nombreux changements. La façade, modifiée en 1720 d'après le dessin de Carlo Fontana, s'accorde parfaitement avec le reste de la Piazza di Santa Maria in Trastevere. Le Trastevere ("au-delà du Tibre"), quartier populaire depuis l'antiquité, a conservé ses ruelles étroites et tortueuses bordées de façades patinées par les ans qu'égayent le linge suspendu aux fenêtres, ses marchands de vin, ses petit métiers. La place Santa Maria in Trastevere à laquelle, de tous côtés, aboutissent d'étroites et pittoresques ruelles, constitue le noyau le plus ancien de ce quartier populaire.

Basilique de San Paolo fuori le Mura

C'était la plus vaste basilique de Rome avant la reconstruction de Saint-Pierre au XVIe s.. Un terrible incendie la ravagea en 1823. On décida de tout reconstruire au lieu de restaurer. Les belles fresques de P.Cavallini en firent les frais. La basilique actuelle a conservée les dimensions de celle du IVe s., plusieurs de ses trésors et son superbe cloître roman, épargné par les flammes. Cette immense basilique (200/60 m.) de structure byzantine a une architecture très particulière: elle comporte une nef centrale et 4 latérales.Son plafond à caissons (recouvert de stuc) étant de plus très lourd, des colonnes massives de marbre (d'un seul bloc) sont nécessaires pour le soutenir. Au dessus de celles-ci se trouvent 264 médaillons représantant les Papes dont une dizaine vide. Les Romains, par superstition, pensent que la fin du monde aura lieu lorsque les derniers médaillons seront remplis.

Eglise de Santa Maria del Popolo

Son intérieur affecte un plan en forme de croix latine et fut réaménagé également par le Bernin. Outre de superbes fresques, on y découvre quelques chef-d'œuvres telles la Conversion de saint Paul et la Crucifixion de saint Pierre, toutes deux œuvres de Caravaggio. L'église habrite les oeuvres de quatre des plus grands artistes ayant peints à Rome : Raphael, Carracci, Caravaggio et Bernini. Il est probable, que lorsque Le Caravage a commencé à peindre l'oeuvre d'Annibale Carracci était en place au-dessus de l'autel. Les tableaux du Caravage ont peu en commun avec les couleurs brillantes et les attitudes stylisées d'Annibale et semblent beaucoup plus modernes. La place est caractérisée par 2 exèdres latérales, surmontées de statues représentant pour celle à l'ouest : Neptune et ses Tritons et pour celle à l'est, sous la terrasse du Pincio : la déesse Rome entre le Tibre et l'Aniène. Au centre de la place trône l'obélisque Flaminius qui avait été érigé devant le Temple du Soleil à Héliopolis par Ramsès II. A l'entrée du Corso, on aperçoit 2 églises pratiquement identiques, appelées « les églises jumelles ». Ce sont Santa Maria in Monte Santo et Santa Maria dei Miracoli.
Eglise Saint Marie Majeure
L'église Saint Marie Majeure est située dans le quartier San Giovanni - Termini - Colle Oppio - San Lorenzo. Vous y accèderez facilement par le train (Gare: Termini) ou par le métro (SMM). Parmi toutes les églises et basiliques romaines, l'église de St Marie Majeure est celle qui contient le mélange le plus réussi de variétés de styles architecturaux. Sa nef à triple colonnades fait partie du bâtiment original du 5ème siècle. Le plancher en marbre Cosmatesque et la tour de cloche romanesque avec ses arrondis en céramique bleus, sont de la période médiévale. Beaucoup de charabia, mais utile aux amateurs éclairés! La Renaissance a vu un nouveau le plafond, et le baroque a donné à l'église ses coupoles jumelles et ses façades plus imposantes Les mosaïques sont les plus célèbres dispositifs de l'église. Le plafond entier ainsi que le pavillon sont complètement couvert d'une feuille d'or, causant la consternation à l'égard des chrétiens et des groupes religieux, parmi lesquels les protestants prendront leur nom en "protestant" contre les excès de l'église catholique de Rome.
Eglise Santa Maria d'Aracoeli
L'église Santa Maria d'Aracoeli est accessible par un escalier, la scalinata d'Aracoeli, qui est en fait un immense ex-voto construit par les Romains pour remercier le Ciel d'avoir épargné la ville de l'épidémie de peste de 1346. Elle occupe l'emplacement d'un ancien temple consacré à Junon Moneta. L'intérieur de l'église, construite par les Franciscains au XIIIème siècle dans un style roman assez austère, présente une belle collection d'oeuvres d'art, dont des fresques de Pinturicchio. C'est ici, selon la légende, que la Vierge et l'Enfant seraient apparus à Auguste et que la sibylle de Tibur lui aurait annoncé la naissance du Christ, un homme plus grand que lui. De nombreux monastères grecs s'installeront à Rome à la suite du général byzantin Narsès, qui entrera dans la ville en 552. L'un de ces lieux occupera l'oratoire sur lequel sera construit l'église actuelle. Les chapelles seront rajoutées aux XVIème et XVIIème siècles, période au cours de laquelle le choeur et les parties hautes seront remises au goût du jour. Le plafond à caissons de bois sera offert en ex-voto par Marcantonio Colonna, l'un des artisans de la victoire, au sein des troupes de la Sainte-Ligue, des Turcs à Lépante, le 7 octobre 1571. Le parterre est l'un des mieux conservé de la production des Cosmates, marbriers romains actifs entre les XIIème et XIVème siècles.
 
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